SaïN IAVARAI
Allongé sous une épaisse couverture, je me réveille
Le feu éteint au centre de la yourte
ne diffuse plus que des cendres glacées
Dehors, un lézard fait crisser des broussailles de Karaganda
ou bien est-ce une gerboise
Fermant les yeux j’entend tourner Khiimor, le cheval de vent,
autour du oboo
Je l’imagine faire ses trois cercles ainsi que l’offrande d’une petite pierre
afin de contenter les ancêtres dans leur sommeil sacré
Ainsi le vieil homme blanc se retire des rêves de la nuit
Cri lointain d’un aigle solitaire survolant le jour naissant
Les chameaux raclent de la gorge dans le matin froid du Gobi
en fouillant le sol de leurs sabots à la recherche de racines
Les premières prières du lama voyageur caressent l’aube
Bientôt crépiteront les premiers feux,
circuleront les premiers bols de tsaï et les galettes de tsampa
Bientôt s’échangeront les premiers rires
Autour de moi, ma ville chante avec le vent
Ma ville, une demi-douzaine de yourtes
perdues au beau milieu du sable, des rocailles et des épineux du désert
Ma ville chante et j’écoute ses voix qui disent :
Saïn Iavarai Bonne route .
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